Automatisation visuelle
Make
Make est l’automatisation visuelle la plus puissante au volume, dès que les scénarios dépassent la chaîne linéaire qu’un Zapier encaisse simplement, à condition d’accepter une vraie courbe d’apprentissage.
Vérifié le 25 juin 2026
- Prix de départ
- Gratuit (1 000 opérations/mois), puis 9 €/mois (Core, facturé à l’année)
- Interface FR
- Oui, partielle
- Hébergement
- Union européenne (centre de données AWS UE au choix), conforme RGPD
- Modèle de facturation
- À l’opération : chaque action d’un module en consomme une
- Intégrations natives
- Environ 3 000 applications
À utiliser si
- Vos scénarios sortent du linéaire : branchements conditionnels, itérations sur des listes, reprise après erreur.
- Le volume d’opérations fait exploser la facture d’un outil facturé à la tâche.
- Vous voulez voir et déboguer la logique d’un flux complexe plutôt que la subir en boîte noire.
- L’hébergement des données dans l’Union européenne est un critère pour votre conformité.
À éviter si
- Vous débutez avec une seule automatisation simple : Make est surdimensionné pour ce besoin.
- Personne dans l’équipe n’a le temps d’apprendre la logique des scénarios (routeurs, itérateurs, agrégateurs).
- Vous avez besoin d’un connecteur rare : le catalogue de Make (3 000 apps) est plus court que celui de Zapier.
- Vous voulez un tarif lisible et fixe : la consommation à l’opération demande de surveiller chaque scénario.
L’analyse
Make (ex-Integromat) règle le problème que rencontre toute équipe une fois passée l’automatisation de base : la logique conditionnelle. Là où un outil linéaire enchaîne des actions à la file, Make représente chaque scénario comme un schéma visuel de modules reliés, que l’on dessine à l’écran. On voit la donnée circuler, bifurquer, boucler. Cette mise à plat de la mécanique est l’atout central : un flux complexe devient lisible et débogable, au lieu de rester une boîte noire.
La puissance est dans les modules qui n’existent pas ailleurs aussi finement. Les routeurs branchent un flux en chemins parallèles selon des conditions ; les itérateurs déroulent une liste élément par élément ; les agrégateurs recomposent les résultats ; la gestion d’erreurs se gère par branche dédiée plutôt que de tout interrompre ; et les Data Stores offrent une petite base de données interne pour mémoriser un état entre deux exécutions. Avec environ 3 000 applications connectées, le catalogue est plus court que celui de Zapier, mais la profondeur de traitement par scénario est nettement supérieure.
Côté PME, Make est l’outil des équipes Ops et Marketing dont l’automatisation est devenue un vrai poste de travail. Exemple concret : une boutique e-commerce veut, à chaque commande, vérifier le stock, router les commandes hors-UE vers un traitement de TVA distinct, générer la facture, l’archiver dans le Drive et notifier la logistique, le tout avec une reprise propre si l’API de facturation tombe. Ce scénario à plusieurs branches et points de défaillance est exactement ce que Make gère bien et qu’un outil linéaire encaisse mal.
Le revers est sa courbe d’apprentissage, bien réelle. Routeurs, itérateurs et agrégateurs supposent qu’on raisonne en flux de données, ce qui n’est pas intuitif pour qui débute. Pour une première automatisation simple (« quand un mail arrive, ajoute une ligne au tableur »), Make est surdimensionné : on passe plus de temps à comprendre l’éditeur qu’à câbler le flux. Il faut soit quelqu’un dans l’équipe qui investit la prise en main, soit accepter de rester sur du basique sans toucher à ce qui fait la valeur de l’outil.
Sur la donnée, Make tient un avantage net pour une PME européenne : il opère un centre de données AWS dans l’Union européenne, et les comptes peuvent y être hébergés plutôt qu’aux États-Unis. Pour un traitement qui manipule des données personnelles, ce point évite les contorsions contractuelles qu’imposent les outils hébergés outre-Atlantique. À vérifier toutefois à l’ouverture du compte, car la zone d’hébergement dépend de la région de création.
Côté prix, Make reste l’une des automatisations les mieux placées au volume. Le plan Free offre 1 000 opérations par mois, suffisant pour apprendre ; le Core démarre à 9 € par mois (facturé à l’année) pour 10 000 opérations, puis viennent le Pro et le Teams pour les besoins en équipe. La facturation se fait à l’opération : chaque action d’un module en consomme une (Make a renommé l’unité « crédit » en août 2025, mais une action standard vaut toujours une opération). Le piège n’est pas le tarif d’entrée, c’est qu’un scénario riche en modules consomme plusieurs opérations par exécution : un flux qui semble bon marché sur le papier peut épuiser le quota plus vite que prévu. Là encore, mesurez la consommation d’un scénario type avant de l’industrialiser.
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